Me tenir debout

Me tenir debout

J’ai été élevée par une femme forte. J’aime utiliser le verbe « élever » parce que je m’imagine toujours la scène dans le film Le Roi Lion où le grand sage présente Simba à la face du monde. Il le porte à bout de bras, le soutient et l’élève aux yeux de tous.

Ma mère est une femme de caractère. Elle est fière, elle est juste et elle a confiance en elle. Je l’ai toujours vu s’occuper de notre famille sans plier l’échine. C’est une femme de solutions qui sait souligner chaque effort et encourager l’unicité de chacun.

Avec ce modèle féminin dans ma vie, très tôt,  j’ai appris à me tenir debout. J’ai appris à prendre ma place, à faire face, à avoir confiance en moi et à toujours aller de l’avant. De l’extérieur, j’avais tout de la femme solide qui n’a peur de rien, mais à l’intérieur, j’avais toujours cette fragilité, cette vulnérabilité, comme un léger tremblement.

Je me sentais comme l’arbre dans la fable du chêne et du roseau. Un grand chêne fier et fort, mais fragile à casser au moindre coup dur. J’avais peur de fendre en deux. La vie s’est chargée de me faire voir à quel point j’avais tout faux et combien j’étais un magnifique roseau.

Je crois que toute personne dans la vie a un avant et un après (surtout à partir de la quarantaine). Un événement troublant, déchirant ou déstabilisant qui arrive sans crier gare. Pour ma part, c’est arrivé en 2007. J’ai été touchée de très près par le suicide. Un drame familial qui a des répercussions à l’infini. Sans le vouloir, j’ai dû faire face, soutenir et supporter. J’ai dû puiser une force que je ne me croyais même pas posséder.

J’avais toujours eu l’impression que mon amoureux était mon pilier et mon phare, que sans lui je n’arriverais pas à surmonter les épreuves sur mon chemin. Quand le pilier est tombé et que le phare s’est éteint, je n’ai eu qu’un choix : me tenir debout. Pour lui, pour moi, pour sa famille, j’ai tenu le coup. J’ai essuyé la tempête de colère, de tristesse et de détresse. J’ai tenu le quotidien à bout de bras. J’ai trouvé des solutions et j’ai posé une multitude d’actions. J’ai encouragé, j’ai persévéré, mais je n’ai surtout pas cassé. Comme le roseau, j’ai plié à maintes reprises, mais je me suis toujours redressée.

J’ai eu le goût d’abandonner, d’abdiquer, de tout lâcher. J’ai eu le goût de poursuivre mon chemin sans un regard en arrière. J’ai eu le goût de m’inventer une nouvelle vie, mais je me suis rappelée la femme du début. Celle qui ne plie pas l’échine devant l’adversité. Celle qui continue d’aimer contre vents et marées. Celle qui m’a portée et élevée.

Il n’y aura plus jamais de ce avant. Ma vie a subi une cassure. Un grand chapitre s’est terminé. Je ne suis pas à l’abri de nouvelles secousses. Par contre, je sais que quoi qu’il arrive, je peux maintenant me tenir debout sans trembler et qu’à chaque fois, je me redresserai droite et fière comme le magnifique roseau que je suis devenue.

Et toi, as-tu un avant et un après?

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Stéphanie Beaulieu

Stéphanie Beaulieu

Amoureuse de la vie, des animaux et du café. Solitaire dans l’âme, je me nourris par la beauté des gens qui m’entourent. Femme de lettres, je suis factrice de métier. Avide d’espace et de liberté, j'ai toujours le sourire et le coeur heureux. La petite fille (un brin taquine) en moi n’est jamais bien loin!
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