Je suis une 34A

Je suis une 34A

Je mesure 5’4’’. J’ai les cheveux bruns, les yeux bleus et des taches de rousseur. Évidemment, tout ça je ne l’ai pas choisi. Je suis comme ça. Je suis aussi une 34A.

 

Pas un A majuscule qui se tient droit et fier au début d’un paragraphe. Pas un grand A qui brille de tous ses feux en haut d’une dictée parfaite. Surtout pas un A+ qui souligne une mention honorable. Je suis plutôt un A minuscule qui s’insère à peine entre les deux lignes d’un cahier Canada. Un A mal calligraphié qui tente d’être acceptable de peur d’être effacé. Un A si petit qu’à force de plisser les yeux, on finit par voir double (double A).

 

J’ai été des années sans m’en soucier. Même à l’adolescence, je m’en foutais (c’est pas peu dire). Pour être franche, ça ne m’a jamais vraiment complexée. Encore aujourd’hui, je vis très bien avec ma petite poitrine mais (hé oui, il y a un mais), il y a quelques années, l’envie est entrée dans ma vie.

 

Suite à une reprise en main de mon alimentation, j’ai vu d’incroyables résultats survenir. Je dormais mieux et j’avais plus d’énergie. J’avais moins de fesses, moins de cuisses, moins de hanches et surtout… moins de seins ! Ouch !!! En me regardant dans le miroir, j’ai crié : Aaaaaahhhh ! Mon petit A à moi avait pratiquement disparu. AU SECOURS. Pour la première fois de ma vie, j’ai trouvé ma poitrine laide et je me suis sérieusement questionnée. Pour moi, il y avait trois options: l’acceptation, la reprise de poids ou les implants mammaires.

 

J’ai rapidement éliminé l’option des implants. Après m’être renseignée, je n’étais pas prête à investir beaucoup d’argent ni à subir cette chirurgie. Bien sûr, j’aimais beaucoup ma nouvelle silhouette, alors c’était difficile de penser à reprendre du poids. Il ne me restait donc que l’acceptation.

 

Malgré moi, je me suis mise à observer les autres femmes… et à les envier. J’ai envié tous ces décolletés qui mettent l’attribut féminin en valeur. J’ai envié ces courbes voluptueuses qui attirent le regard des hommes. J’ai envié les filles qui portent le bikini bien rempli. J’ai envié, encore et encore. Un vieux dicton dit :  » lorsqu’on se compare, on se console « . J’ajouterais dans mon cas que lorsque je me comparais, je me désolais. J’ai donc fini par arrêter les comparaisons et j’ai accepté mes petits nichons !

 

Avec le temps, mon corps a repris ses droits et j’ai retrouvé un peu de mes formes. Mon petit A est revenu. Je ne l’ai jamais autant apprécié (leçon de vie: on apprécie toujours plus ce que l’on a perdu). Je ne vous cacherai pas que par miracle, j’aurais bien aimé retrouver un B (un beau grand B majuscule avec deux belles boules… sans mauvais jeu de mots ici). Comme les miracles n’existent pas, je suis revenue à la case départ et je vous avoue sincèrement que je suis très bien dans mon corps. Je suis belle, je suis bonne et je suis fière de qui je suis.

 

J’ai toujours été une excellente étudiante et j’ai très bien réussi, mais je vous avoue que pour une fois dans ma vie, j’aurais accepté un C volontiers.

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Stéphanie Beaulieu

Stéphanie Beaulieu

Amoureuse de la vie, des animaux et du café. Solitaire dans l’âme, je me nourris par la beauté des gens qui m’entourent. Femme de lettres, je suis factrice de métier. Avide d’espace et de liberté, j'ai toujours le sourire et le coeur heureux. La petite fille (un brin taquine) en moi n’est jamais bien loin!
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